L'ennui d'Amélie

Publié le par Yves LEMESLE

HygieneAssassin.jpgJe viens d'achever un livre d'Amélie Nothomb qu'une amie m'avait prêté. C'est le second qu'il m'est donné de lire et comme la première fois je termine ma lecture en étant frustré. L'œuvre d'Amélie Nothomb fourmille d'idées originales. Dans "Robert des noms propres", un écrivain rédige la biographie de son meurtrier tandis que dans "Hygiène de l'assassin", un prix nobel de littérature, atteint d'une forme rarissime de cancer qui ne lui laisse que deux mois à vivre reçois des journalistes dans le seul but de les humilier. Les histoires sont prenantes et lorsque l'on en entame une, on a hâte d'en connaître l'épilogue. Néanmoins, en refermant ce livre, j'ai éprouvé, comme lors de mon essai initial, un sentiment d'insatisfaction. J'ai la sensation d'un travail baclé, l'impression que l'auteur a concentré l'essentiel de son inspiration sur le synopsis et que la rédaction proprement dite ne la concerne pas. Elle avoue elle-même écrire trois romans par an pour n'en publier qu'un seul. On sent qu'elle écrit d'un seul jet et qu'elle ne se relit pas. Je pense qu'elle gagnerait à travailler plus longuement chacun de ses manuscrits. Amélie Nothomb est incontestablement talentueuse mais gache ses bonnes dispositions par excès de précipitation. C'est dommage car il en résulte que ses livres font partie de ceux qu'on oublie et qu'on ne relie pas. Je me demande parfois avec délectation ce qu'une Muriel Barbery aurait fait avec de tels scénarios.
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Publié dans Littérature

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