A propos de "Germinal" d'Emile Zola

Publié le par Yves LEMESLE

Germinal-Zola.jpgGerminal est sans conteste le plus grand chef d'œuvre d'Emile Zola. C'est le roman sur la classe ouvrière qu'il avait toujours voulu écrire. J'avais lu une première fois ce livre au lycée. Je n'en avais alors retenu que la description de la vie misérable de la classe ouvrière. J'ai découvert une autre facette de cet ouvrage, en ce sens qu'il éclaire les combats syndicaux contemporains. Dans le roman, les mineurs luttent pour leur survie contre les propriétaires des mines qui les exploitent. Ce sont deux forces brutales qui s'affrontent en un combat dont l'issue laissera l'un des protagonistes à terre. Cette lutte entre deux classes est encore présente dans le syndicalisme moderne. Ce qui me frappe c'est que la psychologie des acteurs n'a guère évoluée. Le patronat continue de pressuriser les salariés tandis que les syndicats persistent à considérer le patronat comme un ennemi qu'il convient d'abattre. La négociation et le consensus, impensables à la fin du XIXème siècle, demeurent encore aujourd'hui exceptionnels. Outre son intérêt historique, ce roman est un joyau de la littérature. La force descriptive de Zola est saisissante et certaines scènes sont d'une intensité hallucinante. Le lecteur est balloté entre des sentiments divers. Il est alternativement ému, révolté  ou angoissé. Il se rebelle avec les mineurs affamés, il s'insurge contre les bourgeois repus, il s'indigne de la perversité de l'épicier, il s'inquiète de la folie destructrice de Souvarine, il est scandalisé par les conditions de vie des femmes du coron. Ce livre ne laisse aucun repos au lecteur. Malgré sa noirceur, j'ai pris un plaisir incommensurable à le relire.

Publicité

Publié dans Littérature

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article