A propos de "La joie de vivre" d'Emile Zola

Publié le par Yves LEMESLE

La-joie-de-vivre.jpgPauline Quenu, orpheline à dix ans, est recueillie par son oncle et sa tante à Bonneville, un petit village de pêcheurs. Très vite elle égaye la maison par sa bonne humeur et noue des relations intimes avec son cousin Lazare. Contrairement à ce que laisse entendre le titre, ce roman très personnel de Zola traite de la douleur. La douleur physique tout d'abord. Celle du père Chanteau, cloué sur son fauteuil par la maladie, totalement décrépi et qui conserve juste assez de vie pour souffrir. Celle de la mère Chanteau à l'agonie effroyable. Celle de Louise dont l'accouchement difficile est décrit avec un réalisme angoissant. La douleur morale ensuite. Celle de Lazare qui est obsédé par l'idée de la mort. Cette obsession l'inhibe dans toutes ses activités. Il à une vision pessimiste de  la vie et se repli sur lui-même. A quoi bon agir puisque la mort peut vous prendre à tout moment ? Face à toutes ces souffrances, Pauline incarne la joie de vivre. Elle est "vibrante de gaité et de santé". Ni les chagrins, ni les sacrifices ne peuvent altérer sa bonne humeur. Elle est aussi généreuse que sa famille d'accueil est mauvaise et se laisse dépouiller par amour son argent puis son cœur. Le roman est centré sur la dualité des caractères de Lazare et Pauline, que tout oppose et qui sont pourtant irrésistiblement attirés l'un vers l'autre. "La joie de vivre" est un livre à part dans la série des Rougon-Macquart. Intemporel, il ne fait pas partie de l'histoire du second empire. C'est un roman injustement méconnu, d'une puissante terrifiante, à l'image de la mer omniprésente. 

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Publié dans Littérature

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