Du couvre feu
Je viens de lire qu'un maire Font National récemment élu venait d'instaurer dans sa ville un couvre feu pour les mineurs de moins de 13 ans. Tout adolescent traînant dehors au milieu de la nuit sera ramené par la police au domicile de ses parents, lesquels écoperont d'une amende. De prime abord, cette mesure peut paraître séduisante. En effet, personne ne peut admettre qu'un enfant de 12 ans puisse errer dans la rue à 3 heures du matin. Il s'avère pourtant qu'une fois de plus la démagogie l'emporte ici sur la raison et l'efficacité. Si ce mineur traine dehors, c'est parce que ses parents n'ont plus l'autorité suffisante pour l'empêcher de sortir. Il y a donc fort à parier que dès le lendemain les policiers croisent à nouveau sa route à une heure indue. Ces parents dépassés ont besoin d'être aidés pour restaurer leur autorité parentale. Or, que leur propose le maire ? De les culpabiliser en les punissant. Une fois de plus en matière de sécurité, le politique cède à la facilité en s'attaquant à la conséquence (sortie nocturne du mineur) sans s'attarder à la cause (perte de l'autorité parentale). Ces familles qui ont besoin d'être assistées devraient être mise en contact d'urgence avec les services sociaux de la mairie et bénéficier d'un suivi quotidien et personnalisé. Cette politique là, qui prétend traiter le problème à la source nécessite des moyens financiers et un investissement humain important. Or les édiles municipaux ne sont pas prêts à ces dépenses. Ils préfèrent un traitement de façade qui aura l'assentiment de leurs électeurs plutôt qu'un traitement de fonds, plus efficace mais plus couteux et moins payant électoralement.