"Kadosh" de Amos Gitaï

Publié le par Yves LEMESLE

kadoshDeux sœurs vivant dans un quartier juif ultra orthodoxe de Jérusalem voient leurs destins bouleversés  par les décisions du rabbin de la communauté. Rivka doit être répudiée par son mari car elle ne lui a pas donné d'enfant tandis que Malka doit épouser un homme qu'elle n'aime pas. La première accepte avec tristesse de se sacrifier tandis que la seconde se révolte contre ces sentences iniques. C'est une critique sévère de l'obscurantisme qui vise toutes les religions. Le culte rigoriste sclérose la société et inhibe tout sentiment humain. Ce rabbin, guide spirituel de la communauté, ne fait preuve d'aucune empathie et n'éprouve aucune compassion pour le désespoir que ses résolutions engendrent. L'accablement de Rivka est poignant. Sa résignation est à la fois admirable et immonde. Filmée avec lenteur, empreint de couleurs sombres, cette œuvre intimiste est également portée par la musique d'une langue yiddish dont la douceur sonne joliment à l'oreille. Au-delà de la critique religieuse, j'y vois un acte d'accusation contre tous ces dogmes auxquels se plient des adeptes bornés qui privilégient une doctrine à l'humain ; c'est en cela que ce film a une portée universelle.

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Publié dans Cinéma

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