A propos de trois femmes puissantes de Marie N'Diaye

Publié le par Yves LEMESLE

Marie-N-Diaye.jpgNorah, Fanta et Khady sont les trois femmes puissantes du dernier roman de Marie N'Diaye. Trois femmes tenaces qui luttent pour préserver leur dignité ("Elle n'oublierait jamais la valeur de l'être humain qu'elle était, Khady Demba, honnête et vaillante"). Trois femmes écartelées entre le Sénégal et l'Europe. Trois destins tragiques reliés par des liens ténus : Khady, cousine éloignée de Fanta fut domestique chez le père de Norah ; le village de vacances de Dara Salam, auquel sont plus ou moins liées Norah et Fanta. Ce livre de Marie N'Diaye est éminemment politique. Il traite de la difficulté d'être femme dans certains pays et de l'immigration. Le père de Norah n'aime que son fils, les diplômes universitaires de Fanta acquis à force de persévérence sont déconsidérés en France où elle subit à une vie mesquine, la belle famille de Khady la rejette après le décès de son époux. Toutes les trois, pour des raisons différentes ont dus quitter leur pays natal. C'est aussi un roman sur la terrifiante errance des clandestins. Khady, condamnée à l'exil, est la plus émouvante, Elle s'acharne en dépit de son inexorable chute à trouver son sort enviable et à croire en des jours meilleurs ("un jour cela s'arrête" répète-t'elle à l'envie). Marie N'Diaye nous fait partager la tendresse qu'elle éprouve pour ses personnages. Son écriture toute en nuance est époustouflante, parfois métaphorique. C'est un très beau livre, une leçon de vie, de courage et d'humilité.
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Publié dans Littérature

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