La marée verte
Le samedi 9 octobre 2004, près de 40.000 supporters irlandais avaient joyeusement envahi le Stade de France, donnant au passage une formidable leçon de sportivité au public français. Le 18 novembre prochain la "Green army" sera de retour à Paris dans le cadre du match de barrage qualificatif pour la coupe du monde de football. Personnellement je me réjouissais de retrouver ces milliers d'hommes verts à la ferveur communicative. Je garde une souvenir ému du match de 2004 pendant lequel les irlandais avaient enflammé le stade de leurs chants ininterrompus. Ils étaient enthousiastes, respectueux et bien qu'énivrés, totalement pacifiques. J'aurais aimé que mon pays accueille les irlandais comme des amis et non comme des envahisseurs. Malheureusement la fédération française de football en a décidé autrement. Soucieuse d'éviter une nouvelle marée verte au Stade de France, les dirigeants français ont tout fait pour réserver les billets aux français. Leur arme principale a été d'interdire la vente des billets sur internet privant ainsi des milliers d'irlandais du précieux sésame. C'est uniquement pour ne pas être accusé de discrimination raciale qu'il n'ont pas réservé la vente aux nationaux. Ce comportement traduit surtout l'état d'esprit de nos dirigeants : ils ont peur du public irlandais. Ils craignent l'enthousiasme de ces supporters qui encouragent leur équipe quelque soit le résultat du match. Nos dirigeants ont le trouillomètre à zéro et cela doit être une grande fierté pour le peuple irlandais. C'est une première victoire pour l'équipe d'Irlande. Sachant que la peur est contagieuse, une seconde victoire, sur le terrain cette fois, n'est pas à exclure. Par respect pour ces supporters que j'admire, je supporterai l'équipe de mon pays le 18 novembre mais en cas d'élimination des bleus, je ne verserai pas une larme mais j'irai plutôt dans mon pub irlandais favori boire une pinte de Guinness.