"Les adieux à la Reine" de Benoit Jacquet

Publié le par Yves LEMESLE

les_adieux_a_la_reine.jpgJ'ai passé une heure et quarante minutes de pur bonheur à voir "Les adieux à la Reine". C'est par les yeux de la jeune Sidonie Laborde, domestique affectée au service de la Reine en qualité de lectrice, que nous sont contées les journées révolutionnaires du 14 au 18 juillet 1789. La révolution française y est vue depuis les coulisses. Le spectateur "apprend" les évènements parisiens par les rumeurs qui circulent dans les communs du chateau de Versailles. Le bruit court que le roi a été réveillé en pleine nuit. Une servante a entendu le mot "Bastille" ("Peut-être qu'un prisonnier s'est évadé ?"). Une grande partie du film se déroule d'ailleurs dans les sous-sols (surpeuplés) du palais. On est loin des ors de la couronne. C'est une vision originale de l'histoire. L'un des intérêts de ce film, qui le rend très actuel,  réside dans la dichotomie entre les élites déconnectées de la réalité et le peuple qui souffre. Tandis que la populace qui meurt de faim s'attaque à la Bastille, la Reine s'occupe avec des futilités et la cour vit dans un luxe opulent. C'est aussi un film sur l'inféodation au pouvoir. Par admiration pour la Reine, la lectrice refuse de croire les rumeurs qui circulent à son encontre. Elle a idéalisé un personnage qui pourtant la méprise. Une servante n'existe que lorsque la Reine a besoin d'elle, sinon elle est transparente. Sidonie Laborde ne vit que par et pour la Reine. Eloignée de sa souveraine, elle n'est plus rien. Pour toutes ces raisons, "Les adieux à la Reine" est un film remarquable qu'il ne faut surtout pas rater, d'autant plus que la comédienne principale, Léa Seydoux, y est tout simplement époustouflante.

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Publié dans Cinéma

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