Cimetière

Publié le par Yves LEMESLE

Nous avons fait ce matin une petite promenade du côté de l'IUT. Après avoir traversé le pont de fil sous une pluie fine, nous avons commencé à grimper une petite rue étroite à la chaussée cabossée. Nous nous imaginions sur les routes du Tour de France tellement la côte était pentue. Au sommet nous avons admiré la sculture de Calder qui se trouve dans la cour devant les bâtiments universitaires. En redescendant nous nous sommes aperçu que la route longeait le cimetière. L'envie nous a pris d'aller y faire un tour. Les cimetières ont un avantage, c'est qu'il y règne un calme hors du commun. Celui de Tours n'échappe pas à la règle. Je crois que c'est la première fois que je visitais le cimetière d'une grande ville. Toutes les personnes de ma famille sont enterrées dans des villages. Ce qui m'a frappé d'emblée c'est l'incroyable promiscuité des tombes. Le terrain n'est pas extensibles et la gestion de l'espace semble être l'objectif majeur des services municipaux en charge du lieu. Les tombes sont collées les unes aux autres et il est pratiquement impossible de passer entre elles. Je me dis qu'une cohabitation aussi rapprochée doit être tout à fait déplaisante et que pour les défunts, le lieu ne doit pas être aussi calme qu'il en a l'air. Leur confort paraît d'autant plus aléatoire que le terrain est en pente. Je les imagine collés les uns aux autres, épousant la déclivité du sol. Ils doivent d'ailleurs bien s'ennuyer tant cet endroit paraît triste. Tout y est noir. Toute forme de couleur ou d'originalité semble être bannie. Toutes les sépultures sont uniformément sombres et sinistres. Une seule d'entre elles échappe à la règle. Il s'agit d'un monument en mosaïque rouge surmonté d'un obélisque. Ses occupants sont deux libres penseurs décédés au début du vingtième siècle. Il n'y a ni croix ni oraison funèbre et cela apporte un peu de gaieté dans ce lieu si mélancolique.

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Publié dans Lieux pittoresques

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