Tatarak
Dans une pièce austère et sombre, la comédienne Krystyna Janda évoque les dernières semaines de son compagnon Edward Klosinski décédé d'un cancer. Parallèlement, elle tourne un film d'Andrej Wajda dans lequel elle incarne Marta, une femme d'âge mur qui se lie avec un jeune homme. Marta est l'épouse d'un médecin dévoué mais peu disponible. Elle vit dans une solitude exacerbée par l'absence de ses enfants décédés dans l'insurection de Varsovie. La mort est d'ailleurs omniprésente. Ce film "respire la mort" comme le dit Krystyna Janda. Marta l'ignore mais elle n'a plus que quelques mois à vivre. Peut-être qu'inconsciemment elle s'en doute. Est-ce pour cela qu'elle s'attache à ce jeune garçon qui va lui même se noyer dans la rivière en allant cueillir des roseaux ? On est admiratif devant le courage de Krystyna Janda lorsqu'elle évoque sa propre souffrance, la déchéance physique de son époux, sa disparition. On est ému par la dignité triste de Marta, cette femme condamnée mais qui a déjà cessée de vivre comme en témoigne la chambre des enfants demeurée intacte et filmée dans une lumière bleutée. Malgré l'omniprésence de la mort, ce n'est pas un film triste. Je le vois plutôt comme un hommage à l'amour éternel, à la tendresse qu'un homme ou une femme peut porter à ses enfants, à son conjoint disparu ou à celui qui n'en a plus pour longtemps. Malgré quelques scènes superflues, Tatarak est un beau film bien servi par une krystyna Janda poignante et des paysages magnifiques.
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