"Potiche" de François Ozon
L'action se situe en 1977 dans la France de iscard d'Estain. Monsieur PUJOL dirige d'une main de fer une fabrique de parapluies dans le nord de la France. Sa femme Suzanne vit dans son ombre au foyer familial, s'occupe de son jardin, fait ce que l'on appelle pas encore du jogging et s'adonne à l'écriture de poèmes nigauds. C'est une épouse modèle de la fin des années soixante dix, mièvre et ennuyeuse comme il devait y en avoir tant. Sa propre fille lui reproche de ne pas vivre avec son temps et de n'être qu'une potiche. Pourtant, il va s'avérer que la potiche n'est pas celle que l'on croit. Entre ironie acerbe et franche drôlerie, entre lutte des classes et féminisme, entre romantisme et nostalgie le film dresse un portrait sans concession d'une société moribonde. Les patrons omnipotents laisseront bientôt la place à des financiers sans scrupules mais les fils à papa demeureront. Malgré les prémices de l'émancipation de la femme le propos est désenchanté. Finalement, pas grand chose n'a changé en trente ans. Les ouvriers sont toujours exploités, les femmes maltraitées, les riches méprisants. C'est ne satire sociale qui bien que située dans les années soixante dix n'en est pas moins très actuelle. Bien servi par des comédiens inspirés, ce film drôle est une réussite.