L'ennemi du cycliste
Ce matin, je me sentais amorphe et peu désireux de faire quoi que ce soit. Pour me secouer un peu, je décidai une sortie à vélo. Je partis donc sur les bords de la Loire dans la direction de Montlouis avec l'intention de ne pas dépasser les trente minutes de course. Sous le soleil et par une température plus convenable que celle de ces derniers jours, je pris du plaisir à pédaler tout en admirant le paysage superbe qu'offre le fleuve à cet endroit. Afin de respecter mon programme je fis demi-tour au bout d'environ un quart d'heure. C'est à ce moment que mes ennuis commencèrent. J'avais à peine fais deux ou trois mètres qu'un vent violent m'assaillit en pleine face. Je n'avais pas pensé à en vérifier le sens avant le départ et l'ayant eut dans le dos je ne l'avais pas senti. Pour quelqu'un qui avait décidé d'être, ce jour là, avare de ses efforts, avoir le vent dans la figure était une très mauvaise nouvelle. Le souffle puissant et pénétrant me rappela d'abord que j'étais en sueur. Je ressentis une sensation de froid qui ne me quitta plus. Tandis qu'à l'aller j'avais pu économiser mes jambes, je me vis contraint de solliciter mes muscles pour lutter contre les bourrasques. Les premières minutes me parurent interminables mais petit à petit je m'habituai à cet effort intense au point d'en éprouver une certaine jouissance. Je ne fus toutefois pas fâché d'arriver à destination. Une nouvelle fois j'ai pu constater que plus que le froid ou la pluie, c'est le vent qui est l'ennemi du cycliste.