L'ordinateur est à l'hopital
C'est devenu une habitude, un geste familier que je fais presque sans y penser. Le matin, sitôt levé, je mets l'ordinateur sous tension. Je ne m'installe pas forcément devant l'écran mais il est prêt et en cas de besoin je peux le consulter. Il est devenu aussi indispensable que le frigidaire ou la télévision. Je suis rassuré de savoir qu'à tout moment j'ai accès à une somme d'informations incommensurable. Je regarde les programmes de la télévision et du cinéma, les recettes de cuisine, le journal ou le dictionnaire des synonymes. Il est aussi ludique. J'apprécie les jeux de lettres ou de géographie. J'aime écouter la chronique du grammairien Bernard Cerquighini sur l'étymologie, l'orthographe et les expressions de la langue française. Il me dit s'il va pleuvoir dans l'heure qui vient et sa messagerie me donne des nouvelles de ma famille bretonne et des mes amis expatriés. Il m'informe et me distrait tout à la fois. Plus utile et moins contraignant qu'un animal domestique c'est devenu le compagnon des bons et des mauvais jours. Mon désarroi fut donc important lorsque dimanche soir il a obstinément refusé de s'allumer. Le diagnostic du "médecin" est plutôt optimiste mais il faudra compter deux à trois semaines de convalescence. Alors depuis, j'ai ressorti du placard mes livres de recettes, mon dictionnaire, mon vieux cahier, ma petite radio portable et j'essaie de réapprendre à vivre comme avant.