L'amour d'un public

Publié le par Yves LEMESLE

Je ne suis pas un inconditionnel du basket-ball. Quand il s’agit de regarder une compétition sportive à la télévision, je préfère une course cycliste, un match de football ou de rugby. Néanmoins, sous la pression de mon fils basketteur, il m’arrive de me laisser convaincre de regarder une partie dont il me dit que je n’ai pas le droit de la manquer en raison de son importance  ou de la qualité du spectacle attendu. Ces deux dernières semaines, c’était les championnats du monde. J’ai dû subir une pression intense puisque par définition, dans une telle compétition, toutes les rencontres sont importantes. Le basket-ball a donc envahi le petit écran pendant quinze jours. Je reconnais que même si je n’ai été qu’un témoin occasionnel du tournoi, il m’est arrivé de suivre certaines parties avec intérêt. Dimanche soir j’ai vu arriver avec soulagement la finale et par conséquent la fin du tournoi. Je fis donc un ultime effort pour suivre ce dernier match qui opposait à Istambul la Turquie aux Etats-Unis. Malgré le festival de paniers à trois points d’un joueur américain, le spectacle ne fut pas passionnant tant la domination des USA fut constante. Il n’y eut quasiment pas de suspense, ce qui fait pourtant la quintessence d’une compétition sportive. Néanmoins, à une minute de la fin du match, j’ai été pris d’une émotion infinie. Alors que la victoire américaine était consommée, le public turc, debout, continuait à chanter et à frapper dans ses mains pour encourager son équipe. Tout un peuple exalté remerciait ainsi ses joueurs pour tout le bonheur qu’ils lui avaient procuré durant ces deux semaines. C’est un comportement d’une générosité rare. J’ai vu tellement de supporters siffler voire insulter leurs idoles défaites que l’enthousiasme du public turc m’a paru admirable. Je voulais, au moyen de ces quelques lignes, lui rendre hommage.

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Publié dans Journal

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