A propos de "Les falsificateurs" d'Antoine Bello

Publié le par Yves LEMESLE

Quels sont les avantages, les inconvénients et surtout les risques qu'il y a à intégrer une organisation secrète qui falsifie la réalité mais dont les mobiles sont inconnus ? Telle est la question que ce pose un jeune diplômé en géographie de l'université de Reykjavik à la veille d'accepter une proposition d'emploi insolite. A l'instar du héros, le lecteur s'interroge : à quoi sert le Consortium de Falsification du Réel ? Recherche-t-il le pouvoir ? Est-ce une oeuvre philanthropique ou mafieuse ? L'auteur sème de-ci de-là quelques indices mais avec parcimonie. On apprend que cette organisation dispose de moyens financiers illimités mais leur origine demeure inconnue. Il appert que le CFR prend la défense d'un peuple menacé de disparition mais qu'il s'occupe aussi de faire monter le prix du baril de pétrole, il condamne l'intolérance religieuse dont firent preuve les grandes puissances européennes tout en faisant croire qu'un manuscrit inédit d'Alexandre Dumas vient d'être retrouvé. La méthode utilisée est simple. En premier lieu l'agent élabore un scénario. Ensuite il crée ou modifie les éléments matériels qui conduiront ses contemporains à croire à son histoire. On pourrait dire qu'il ne s'agit que de joueurs invétérés qui manipulent l'inconscient collectif ou d'une bande de joyeux farceurs s'amusant de la crédulité du monde, si l'opacité qui entoure cette organisation n'était aussi inquiétante. Finalement, je vois dans ce roman une sorte de parabole. Celle de jeunes gens qui entrent dans la vie active plein d'enthousiasme mais sans but avéré et qui constatent que leurs aînés ne sont guère mieux lotis. C'est finalement l'histoire de notre vie.






Publicité

Publié dans Littérature

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article