A propos de "Dans le scriptorium" de Paul Auster

Publié le par Yves LEMESLE

Paul-Auster.jpgQui est-il ? Il n'en sait rien lui même. Où est-il ? Peut-être dans une cellule de prison ou alors dans une chambre d'hôpital, à moins qu'il ne s'agisse de celle d'un asile de vieillards. Le problème c'est qu'il ne se souvient de presque rien. Qui sont ces visiteurs dont il a les photos sur son bureau ? Il s'agirait d'agents à qui il aurait confié autrefois des missions dangereuses. Certains ont souffert et lui en veulent. D'ailleurs, il y a cet avocat qui lui parle de plaintes. Et puis ce docteur qui tient à lui faire lire un manuscrit inachevé. Paul Auster nous offre le meilleur de lui-même dans ce huis clos magistral. On est toujours à la frontière entre le réel et l'imaginaire. Ce roman très riche comporte plusieurs niveaux de lecture. C'est une réflexion sur le métier d'écrivain et de ses rapports avec ses personnages. C'est aussi une interrogation sur le vieillissement, la lente désagrégation des facultés d'un vieillard. C'est enfin un roman étrangement historique qui interroge sur la responsabilité de l'Amérique, de son impérialisme voire de son cynisme. Il s'agit là d'un grand roman philosophique de Paul Auster qui pose plus de question qu'il n'apporte de réponse.
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Publié dans Littérature

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