Tempête en mer

Publié le par Yves LEMESLE

Le ciel est noir, désespérément noir

La mer émeraude est lourde, moutonnée d'écume blanche

Le bateau tangue, balloté par la houle hostile

Les vagues bombardent la coque, la soulèvent, la tabassent

L'eau déferle sur le pont, aveuglant le marin arc-bouté au bastingage

La pluie fouette la surface de l'océan de ses grosses gouttes claquantes

L'esquif est seul dans la tourmente

Les paquets de mers submergent le jeune homme

La peur l'immobilise. Il a froid, il a mal, il pleure.

Il voit l'eau l'emporter, le culbuter.

Le capitaine hurle à l'arrière des ordres qu'il n'entend pas.

Il voudrait se mettre à l'abri mais il a peur

De la mer qui veut l'arracher au bateau. Du capitaine qui vocifère.

Le grondement de l'eau couvre le bruit du vent

La sonie effrayante accentue la sensation d'oppression

Enserrant le hauban, il commence à abattre la voile.

Il travaille lentement. Ses doigts gourds sont maladroits.

Enlever le foc. Lancer le tourmentin.

Se traîner jusqu'au pied du mat. S'attacher.

Se reposer. Un peu. Pas longtemps. Prendre un ris.

Allégé de sa toile, le bateau résistera mieux.

Déjà la tempête paraît moins terrifiante.

Enfin à l'abri, le marin sourit de ses propres sanglots.

Il peut maintenant apprécier la colère majestueuse de la mer.

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Publié dans Poésie

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