Requiem pour une Hongrie défunte
Depuis près de deux ans le régime Hongrois a opéré un glissement totalitaire. Ce pays s'est doté d'un gouvernement que la presse qualifie généralement de conservateur même si je préfère que le terme "nationaliste". Le gouvernement du premier ministre Viktor Orban a pris ces derniers mois toute une batterie de mesures qui portent dangereusement atteinte à la démocratie, aux droits de l’homme et à la paix. Dorénavant, en Hongrie, les sans-abri seront passibles de peines de prison, les propriétaires de chiens de races "non hongroises" pourront être taxés par les municipalités, les minorités d'origine magyars des pays voisins (Roumanie et Slovénie) se voient accorder le droit de vote aux élections hongroises au risque de provoquer des troubles chez lesdits voisins, la presse est mise sous la tutelle d'un "Conseil des médias" exclusivement composé de membres du parti au pouvoir. Si l'on ajoute à cela que le nouveau directeur du théatre de Budapest est un sympathisant de l'extrême droite, notoirement xénophobe et antisémite, on a un portrait bien inquiétant de cette nouvelle Hongrie. Elle s'attaque aux pauvres, à la culture, à la presse, à la justice, aux étrangers, aux homosexuels, aux minorités religieuses. Tout cela a des relents écoeurants de nazisme en plein coeur de l'Europe. Le pire, c'est que la Hongrie est membre de l'Union Européenne et que celle-ci paraît totalement impuissante. Il me paraît plus que temps de revoir le modèle de construction de l'Europe car seul un abandon de la souveraineté des pays membres au profit des institutions de l'Union me semble capable de lutter contre ce cancer qu'est le nationalisme. En attendant, ayons une pensée pour le peuple hongrois en butte à la radicalisation de son gouvernement.