La gêne de l'ascenseur
Je ne peux pas dire que ce soit intolérable mais ça n'est tout de même pas très attrayant. Chaque matin je passe quelques instants désagréables dans l'ascenseur qui me conduit au quatrième étage. Bien que je ne sois pas claustrophobe, je goûte assez peu le fait d'être enfermé dans une boite dont je crains toujours qu'elle refuse de s'ouvrir une fois arrivée à destination. A l'intérieur, une petite plaque affirme avec beaucoup d'optimisme que huit personnes peuvent l'emprunter en même temps, ce qui me paraît très exagéré. D'ailleurs, vous aurez certainement remarqué que c'est l'embarras qui est le sentiment dominant dans un ascenseur. Chacun se met le plus loin possible des autres et paraît absorbé par la contemplation de sa propre paire de chaussure. C'est un spectacle affligeant que celui de toutes ces têtes baissées, de tous ces gens qui supportent stoïquement ce qu'il faut bien appeler une gêne. Même la douce présence d'une des jolies secrétaires du cabinet d'assurances du deuxième étage ne parvient pas à me détendre. Il s'avère néanmoins que certains n'ont pas les mêmes préventions. J'ai entendu récemment une jeune fille ne pas hésiter à entamer une conversation "très" amoureuse sur son téléphone portable ou une autre critiquer son patron sans se soucier de savoir si l'une des personnes présentes le connaissait. Certains sont à l'aise partout mais pour ma part, dans un ascenseur, je préfère la solitude.