De la parturition en matière de coliques néphrétiques
J'ai la joie de vous informer qu'après une lutte homérique et dans un flot d'hémoglobine, mon petit locataire a fini par quitter son nid douillet. De couleur jaune orangé, il fait la taille d'un gros noyau de cerise qui aurait la forme d'une poire. Mon infirmière a été la première à me féliciter. Depuis l'expulsion je me sens détendu. Je n'ai plus peur d'aller aux toilettes ni de boire de l'eau. Je ne crains pas non plus la minute à venir. C'est un soulagement. Le moment fatidique n'a pas été aussi douloureux que je le craignais. Je pensais que mon invité prendrait tout son temps pour traverser l'urètre. Je l'imaginais progressant millimètre par millimètre vers la sortie au prix de douleurs incommensurables pour ma pauvre personne. En fait, le corps humain est si bien conçu que chaque organe sait ce qu'il doit faire y compris dans les situations d'urgence. C'est ainsi que l'urètre a parfaitement joué sa fonction excrétrice en éjectant l'intrus en moins de cinq secondes. Puisque l'on compare souvent la colique néphrétique à un accouchement, je dirais que si la gestation fut longue, l'enfantement se révéla cursif. Quand je contemple mon petit ami, je suis dubitatif. Je me demande comment une chose aussi petite peut provoquer de si fortes douleurs mais aussi comment une chose aussi grosse peut emprunter un canal aussi étroit. Ces cinq derniers jours furent difficiles mais j'ai pu constater que l'humour et le mental étaient de précieux alliés contre la douleur. Je voudrais aussi remercier l'infirmière à domicile pour sa disponibilité, sa bonne humeur communicative et son dévouement. Elle a su faire preuve de pédagogie et d'empathie. L'essentiel de ce que je connais aujourd'hui de la colique néphrétique me vient d'elle.