"Peines d'amour perdues"

Publié le par Yves LEMESLE

Ce weekend, j'ai vu une comédie de Shakespeare intitulée : "Peines d'amour perdues". Quatre jeunes princes font le vœu de se consacrer à l'étude sans se laisser distraire par les plaisirs de la vie en général et par les femmes en particulier. L'arrivée de quatre princesses va mettre leur serment à l'épreuve. J'ai été enthousiasmé par cette pièce. J'ai tout d'abord été frappé par la modernité du texte. Il met en scène les préoccupations des jeunes gens d'hier et d'aujourd'hui (les études, l'amour). C'est la permanence des thèmes abordés qui lui donne son caractère si actuel. Dans le cas de Peines d'amour perdues, la traduction de Jean-Michel DEPRATS est particulièrement réussie (beaucoup plus que celle qu'il m'avait été donné de lire). Le traducteur a su conserver tout la poésie, l'énergie et la drôlerie de la pièce. L'originalité réside dans ces combats de mots où le vainqueur est celui qui "touche" l'adversaire par un mot d'esprit. Ce texte virevoltant bénéficie, outre de comédiens excellents (mention particulière à Alice Benoit dont le charisme illumine la scène ou à Claire Théodoly à l'ingénuité sidérante), de costumes en phase avec lui. Pour les princesses, c'est un florilège de couleurs qui accompagne le florilège des mots. Elles portant des robes pastels qui se fondent parfaitement dans cet aimable libertinage. Elles jouent gaiement à ridiculiser leurs prétendants. Ceux-ci, tout à leur désir d'étude, se parent des costumes austères de la connaissance mais l'habit ne fait pas le moine et ils seront vite démasqués. La mise en scène colle également très bien à la légèreté des propos. Le spectateur apprécie quelques trouvailles intéressantes comme les balançoires ou l'utilisation exponentielle de l'espace. La futilité des propos s'évanouit lorsque la princesse apprend le décès de son père. La pièce devient soudain sérieuse. C'est l'heure des adieux et des serments de fidélité. Ils se reverront une fois le deuil terminé dans un an et un jour. Ces promesses seront-elles tenues ? Nous ne le sauront pas car comme le dit un des personnages :" C'est trop long pour une pièce".

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Publié dans Théatre

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