Ce matin je suis passé devant le monument aux américains. Il s'agit d'une fontaine surmontée d'une statue dorée représentant un indien et un aigle. Ce mémorial, situé le long de la Loire, à proximité de la bibliothèque municipale, a été érigé par le gouvernement américain en hommage au rôle tenu pendant la première guerre mondiale par les troupes de soutien basées à Tours. L'aménagement urbain autour de ce monument constitue pour moi une curiosité. La fontaine occupe l'espace central d'une terrasse de forme carrée, entourée par trois petites grilles toutes fermées à clé. Le quatrième côté, celui qui fait face à la bibliothèque, est lui libre de toute fermeture. J'avoue n'avoir jamais compris quelle idée saugrenue a pu germer dans le cerveau de l'architecte responsable de cette aberration : un monument protégé de trois côtés seulement contre l'intrusion des badauds. Peut-être qu'au dernier moment, les crédits ont manqué pour terminer l'ouvrage. Ou alors il s'agit d'une innovation esthétique à laquelle je serais parfaitement hermétique. A moins que les services de la voirie, débordés par les chantiers estivaux, n'aient omis de parachever la construction. Non, j'ai beau examiner cette énigme sur toutes les coutures, je ne comprends absolument pas pourquoi l'accès à cet édifice est protégé sur trois de ses lisières à l'exclusion de la quatrième. Ça n'a l'air de rien mais pourtant, je vous jure que ça me turlupine.