La vie dangereuse du cycliste et de sa bicyclette

Publié le par Yves LEMESLE

IMGP1162.JPGCe matin j'ai pris mon vélo pour aller faire des courses. Je l'utilise rarement pour me rendre en ville car je ne suis pas d'un tempérament suicidaire. Ma promenade matutinale n'a pas dérogée à la règle en m'exposant moulte fois aux dangers les plus divers. La voiture est l'ennemi le plus obstiné. Il est notable que l'automobiliste est un prédateur acharné. L'attaque la plus fréquente consiste à se garer sur la piste cyclable pour contraindre le vélo à quitter la piste susdite, à se décaler sur la gauche, là ou les complices de celui qui vient de stationner déboulent à toute vitesse. J'en suis généralement quitte pour une grosse frayeur et un coup de klaxon réprobateur car si l'automobile peut utiliser la voie réservée aux vélos, la réciproque n'est pas vrai. Un autre classique est l'ouverture de la porte conducteur juste au moment de l'arrivée d'une bicyclette. Seule une prudence obsessionnelle m'a jusqu'ici permis d'éviter la chute. Le pire est que certains édiles sadiques ont installé des voies cyclables entre la route et la partie de la chaussée réservée au stationnement. Pourtant ce matin, je suis tombé dans un piège inédit. Ayant emprunté une rue semi-piétonne assez étroite je suis tombé nez à nez avec deux véhicules garés côte à côte malgré l'interdiction de stationner. Aucun des deux conducteurs ne daigna s'avancer et je dus rebrousser chemin pour emprunter une autre voie. Moins coriace, le piéton est un adversaire plus sournois. Il n'aime rien tant que de vous jeter par terre tout en restant dans son bon droit. Le marcheur citadin aime à changer brusquement de direction. Alors que tout laissait penser qu'il allait poursuivre sa route en ligne droite, il bifurque sans prévenir au niveau du passage clouté. Tandis qu'il croyait tout danger écarté, le pauvre cycliste vient s'empaler sur le piéton, doit s'excuser de sa maladresse et supporter le courroux du promeneur, sûr de son bon droit, qui vitupère à tout va contre l'irrresponsable et son vélocipède. Je ne m'attarde pas sur les enfants, les chiens, les soudards, les pigeons, les bandes blanches glissantes, les terre-pleins et autres nids-de-poule, tous résolus à éliminer la bicyclette. La vie du cycliste urbain est un long fleuve tortueux.

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Publié dans Journal

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