Ce soir je reçois !
Je l'avoue sans ambages, il est rare que je reçoive. Alors quand cela m'arrive, je vis quelques moments de stress qui me font regretter d'avoir lancé un peu légèrement une invitation. Au vu de tout ce que j'ai à faire pour préparer la réception de mes invités, je me dis que j'aurais été bien inspiré de m'abstenir. Il faut dire que l'organisation d'un repas, même sans cérémonie, commence toujours par la corvée du ménage. Je dois ranger, balayer, nettoyer, récurer chaque pièce. Généralement je bénéficie d'un petit supplément dans la cuisine où deux ou trois jours de vaisselle en instance m'attend. Quand l'appartement est enfin propre, je peux me concentrer sur la réponse à apporter à la question lancinante : que vais-je préparer à manger ? Il me faut un menu qui soit attrayant et dont je maîtrise la préparation. Commence alors une interminable valse-hésitation. Ma salade de pâtes au crabe et aux agrumes à toujours beaucoup de succès mais n'est guère économique. Mes filets de rougets sur leur lit de tomates ou mes dos de cabillauds rôtis aux pommes de terre à l'huile d'olive sont des délices pour les papilles mais tout le monde n'aime pas le poisson. Ma tarte thon ratatouille est une merveille très longue à préparer. Je pense aussi à un plat de lentilles aux pommes mais le sucré-salé peut rebuter certains convives. Une fois le menu concocté, j'établis la liste des courses à faire. Si l'inventaire des ingrédients ne pose guère de problème, la quantité de chacun d'entre eux m'interpelle toujours tant j'ai peur de ne pas prévoir suffisamment. Je me sentirais humilié si l'un de mes commensaux quittait la table sans être totalement rassasié. Bien que cela ne soit jamais arrivé, je ne peux m'empêcher d'ajouter quelques légumes par-ci ou quelques fruits par-là, pour parer à toute mauvaise surprise. Les courses terminées, je commence à me détendre un peu car il ne me reste que le plus aisé : la préparation du repas !