C'est beau une ville la nuit !

Publié le par Yves LEMESLE

Je rentre avec M… après avoir raccompagné C… chez elle. Nous ne voulions pas la laisser partir seule, même à bicyclette. Il est quatre heures du matin. Il fait doux mais un crachin obstiné s'acharne sur la ville. Nous marchons tranquillement en discutant de choses anodines. J'ai trouvé N… fatigué. M… a bien aimé l'étudiante japonaise qui était là. Il fait nuit. Les réverbères crachent une lumière blafarde déchirée de-ci de-là par le rouge et le vert des feux tricolores. Les rues sont désertes. Ni voitures, ni piétons, ni cyclistes, nous sommes seuls. Nous cheminons au centre de la chaussée. Nous nous arrêtons au milieu de la rue Nationale avec au loin la Tranchée et de l'autre côté l'avenue Grammont. Nous contemplons le spectacle envoûtant de cette interminable voie habitée par la seule danse des feux qui la parent comme une guirlande de Noël qui serait arrivée avant l'heure. J'ai l'impression que les habitants ont désertés la ville et que nous sommes ses derniers occupants, ses derniers survivants. Cela pourrait être angoissant mais nous sommes trop béats pour avoir peur. Je laisse M… devant sa porte et poursuis mon chemin. Avant de rentrer je ne résiste pas au plaisir d'aller faire quelques pas sur le pont de fil tout de bleu paré. J'écoute la Loire chanter au dessous de moi. Un goéland dérangé pousse un cri stridant. Je rentre enfin en me disant que c'est beau une ville la nuit.

Publicité

Publié dans Journal

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article